Héritage et influence des troubadours aux XIXème, XXème et XXIème siècles

Héritage et influence des troubadours au XIXème siècle 

Le XIXème siècle façonne une autre image du Moyen Age, une version idéalisée voire mystifiée. Cette nouvelle vision, déjà initiée par le style troubadour au 18ème siècle, se voit confirmée avec l’arrivée du romantisme et contaminera plusieurs strates de la littérature. Dans un souci de clarté, nous nous centrerons sur le romantisme et plus particulièrement sur Victor Hugo ainsi que sur Frédéric Mistral, qui participe à une renaissance de la langue d’oc.

  • Le romantisme et la Fabrique du Moyen Age

La figure du troubadour revient sans cesse dans la littérature du 19ème siècle et ce, par le biais de l’influence du « style troubadour », genre composé principalement d’épopée et aujourd’hui considéré comme désuet. L’évocation du Moyen Age y est particulièrement idéalisée et les troubadours n’y font pas objection[1].

Le « genre troubadour », s’il ne rencontra pas le succès escompté, n’en demeure pas moins l’un des prédécesseurs du romantisme. Un romantisme qui, dans une même optique de fantasme, associa les troubadours aux chansons populaires de leur enfance.

Ce sentiment de nostalgie fut l’un des déclencheurs d’un désir affiché de filiation avec nos troubadours, filiation toute relative puisque chimérique.

De fait, rares sont les points communs entre les deux, opposés sur bien des points dont la foi ou le style d’écriture.

Néanmoins, leur influence a laissé des traces non négligeables dans la littérature romantique, en témoigne les Odes et ballades de Victor Hugo sur lequel nous allons nous pencher.

Odes et ballades de Victor Hugo : un héritage illusoire ?

«  C’est bien la « vieille pensée » des troubadours que renouvelle Hugo, par la forme qu’il lui donne, suivant là une tendance amorcée dès le XVIIIe siècle. »[2]

Lorsque Victor Hugo publie le recueil Odes et ballades en 1828, c’est mué par la volonté de suivre la lignée des troubadours comme nous le prouve cet extrait de sa préface concernant ses ballades :

« L’auteur[3], en les composant, a essayé de donner quelque idée de ce que pouvaient être les poèmes des premiers troubadours du moyen-âge [sic], de ces rapsodes chrétiens qui n’avaient au monde que leur épée et leur guitare, et s’en allaient de château en château, payant l’hospitalité avec des chants »[4]

Si la réalisation de cet objectif fut un échec, le choix de la « ballade » n’en reste pas moins influencé par ses mêmes protagonistes, nonobstant sa promiscuité avec la « ballade anglaise » bien plus évidente que celle des troubadours[5], de par leur forme très libre.

Toujours dans cette volonté d’héritage, Hugo utilise le mètre décasyllabe dans son épigraphe de l’ode douzième, « Le Chant du tournoi », fait rarissime chez Hugo, mais qui est le « vers commun » médiéval »:

Servants d’amour, regardez doucement

Aux échafauds anges de paradis ;

Lors jouterez fort et joyeusement,

Et vous serez honorés et chéris.[6] » [7]

Le dernier argument concernant cette filiation est la neuvième ballade nommée « l’aveu du châtelain » dont le fond s’apparente aux ritournelles amoureuses des troubadours par son champ lexical portant sur la nature et la femme mais aussi par le parallèle entre le printemps et l’amour ainsi qu’entre la femme et un bouquet de fleurs sans oublier le thème de l’oiseau, très présent dans la poésie courtoise.

L’influence des troubadours sur Victor Hugo est donc assez manifeste même si celle-ci reste très superficielle. C’est avant tout par la réappropriation des textes médiévaux par les romantiques que se situe un héritage, au détriment d’un réalisme et d’une recherche approfondie. Mais rejeter la faute seulement sur Hugo serait une erreur. En effet, « tous les poètes de l’époque tentent d’établir un lien entre les ballades qu’il composent et celles de la poésie épique médiévale française. »[8]

Les autres romantiques

La réappropriation des textes et procédés médiévaux étant l’une des caractéristiques du romantisme, c’est l’ensemble du mouvement qui revendique cette filiation.

Toutefois, il nous paraîtrait fastidieux de procéder à l’analyse de toute la littérature romantique, c’est pourquoi, nous nous contenterons de citer quelques exemples parmi les plus évidents pour terminer.

Chateaubriand, dans son Génie du christianisme, effectue de multiples références aux troubadours mais célèbre aussi l’amour courtois dans Abencérage.

Musset, quant à lui, empreinte la forme du rondeau médiéval avec certaines libertés pour écrire la Ballade à la lune, cette dernière connut un tel succès qu’elle fut mise en musique à de maintes reprises, dont une version de Georges Brassens :

Georges Brassens – Ballade à la lune

L’influence des troubadours sur la littérature romantique n’est donc plus à démontrer et prouve le réelle désir d’un lien entre les deux même si celui-ci reste assez fantasmé et très approximatif. Ce désir a pour origine non seulement le sentiment de nostalgie mais aussi l’influence du « genre troubadour », qui toucha non seulement les romantiques mais aussi d’autres écrivains comme Edmond Rostand lors de l’écriture de La Princesse lointaine en 1895 qui reprend quelques principes de l’amour courtois.

  • Le Félibrige ou la renaissance de la langue d’Oc : analyse de Mireio de Frédéric Mistral

Le Félibrige, association littéraire fondée en 1854, est axée sur la renaissance de la littérature occitane. Elle se compose de sept poètes[9] dont le plus important est sans nul doute Frédéric Mistral.

Frédéric Mistral, né en 1830, fut l’un des plus fervents défenseurs de la culture occitane. Lexicographe et écrivain, il ne cessa de démontrer toute la richesse de la langue d’oc, publiant de nombreuses pièces en occitan dont la plus célèbre est Mirèio, qui fut traduite dans une dizaine de langues et lui offrit le prix Nobel de littérature en 1904.

Mirèio de Frédéric Mistral

L’œuvre parue en 1859 se distingue par l’utilisation de l’occitan, comme langue à part entière.

A travers une douzaine de chants et près de 6123 vers, Mistral nous raconte non seulement l’histoire d’amour tragique qui lie Mirèio (Mireille) et Vincèn (Vincent) mais surtout la vie et les traditions provençales au XIXème siècle.

Mirèio, fille d’un riche paysan et Vincèn, modeste vannier, s’éprenne l’un de l’autre. Malheureusement, le père de la jeune refuse catégoriquement que sa fille épouse quelqu’un d’une condition inférieure à la leurs. Désespérée, Mirèio décide alors de fuir pour implorer les saintes de faire changer d’avis ses parents. Toutefois, le trajet se révèlera éreintant, à tel point qu’arrivée aux Saintes-Maries-de-la-Mer, elle y trouvera la mort.

L’histoire d’amour contrariée en raison de la différence de conditions sociales est typique de l’amour courtois, à la nuance près que, chez les troubadours, la dame était déjà mariée.

Ce premier point de rencontre entre Mistral et les troubadours n’est que le premier d’une longue liste. En témoigne la mention de troubadours tels que Bernard de Ventadour ou encore Arnaut de Marteil, qui s’introduisent dans l’histoire au détour de l’idée qu’une femme se doit d’être conquise au prix de nombreux efforts puisque supérieure à l’homme.

Cette première allusion à Benard de Ventadour est suivie d’une comparaison entre l’amour de Mirèio et le désir d’envol d’un jeune oiseau. Cette thématique de l’oiseau est commune à nombre de troubadours dont Ventadour lui-même, qui décrivit le vol particulier de l’alouette qui, s’élevant vers le soleil, se laissa tomber au sol tout à coup comme ivre de bonheur[10].

Les cours d’amour

Le chant III, intitulé La Descoucounado, nous introduit une notion, elle aussi, issue des troubadours : les cours d’amour.

En effet, le troisième chant nous raconte le rêve d’une jeune fille Azalais : celui de présider un tribunal de sept jeunes filles dont le rôle serait de juger les litiges amoureux et la valeur des poètes chargés d’écrire l’amour comme ce serait le cas à Romanin[11]. Ce concept est une reprise de celui décrit dans l’œuvre de Jehan de Nostredame[12], Vies des plus célèbres et anciens poetes provensaux qui ont floury dy temps des Comptes de Provence : lors des tensos, on se référaient à des dames, détentrices de cours d’amour, pour choisir la meilleure poésie amoureuse.

La pastourelle

Le quatrième chant est l’occasion pour Mistral d’introduire un autre genre poétique issu de la tradition médiévale : la pastourelle.

Ourrias, riche bouvier, déclare son amour à la belle Mirèio en lui promettant notamment une vie facile et paisible à l’instar des chevaliers promettant milles présents et train de vie princier.

Selon René Dumas[13], ce passage a tout de la pastourelle des troubadours car, en plus, d’un fond semblable, il présente lui aussi les circonstances spatio-temporelles avant d’entamer un dialogue dont le vocabulaire n’est pas sans rappeler celui utilisé dans le genre médiéval que nous venons d’évoquer (Bello, Jouvènt).

La forme

L’aspect formel est lui aussi tributaire de l’influence des troubadours.

Tout d’abord, la forme générale du poème, divisé en douze chants, s’inscrit dans cette tradition médiévale.

Outre cette première similitude, Mistral pousse la ressemblance par la richesse et la variété des strophes dont se compose le poème. Comme le souligne d’ailleurs Jean Boutière[14]:

« C’est des troubadours que semble bien procéder son goût pour les formes strophiques très variées et pour certains systèmes de rimes : rime à place fixe, mots-rimés, vers-rimes et pour le procédé plus complexe des rimes capfinidas ».

En effet, cet enrichissement se manifeste par près de 65 schémas strophiques différents. Un tel chiffre ne peut s’observer pratiquement que chez les troubadours, puisque même Victor Hugo, très attaché à la recherche formelle, ne compte pas plus d’une vingtaine de strophes différentes, Odes et ballades et Les Orientales confondus.[15]

Le XXème  et XXIème siècle

« La chanson est […] une forme privilégiée de la musique populaire »

L’héritage des troubadours au XXème et XXIème siècle est principalement musical, a contrario du XIXème, qui est surtout littéraire. En voici un panorama non exhaustif.

  • La chanson française

La chanson française débute d’un accord général après la deuxième guerre mondiale et, si la filiation avec les troubadours n’est pas évidente au premier abord, il n’en reste pas moins un héritage, relatif, certes, mais existant.

En effet, la « cançon » a été inventée en occitan par ces poètes médiévaux, ils sont donc tout naturellement l’une des principales influences de la chanson française.

L’influence des troubadours est parfois manifeste chez certains artistes car devenu un mythe poétique fantasmé. En effet, la chanson française aime prendre ses protagonistes pour tels dans une vision revisitée, celle de l’auteur-compositeur errant et opprimé qui doit délivrer un message. On est évidemment bien loin des véritables troubadours.

C’est dans cette optique que Brassens utilise le topos du troubadour dans sa chanson Supplique pour être enterré à la plage de Sète se considérant lui-même comme tel ou que Charles Trenet compose sa chanson Swing troubadours.

Georges Brassens – Supplique pour être enterré à la plage de Sète

  •  Le rap français 

« Simple troubadour, je pose des mots sur quelques notes »

(Shurik’n, Médailles)

Genre musical controversé né dans les années 80’, le rap français n’a pas seulement pour filiation son homologue américain. En effet, s’il s’en inspire, il n’en reste pas moins influencé par l’héritage littéraire français et, plus particulièrement, celui des troubadours.

Une poésie du peuple

Le premier argument sera avant tout social. En effet, tant rappeurs que troubadours souhaitent être compris de tous.

C’est pourquoi, les troubadours ont choisi de s’exprimer en langue d’oc, une langue vernaculaire au détriment du latin, pratiquée seulement des élites. De même, les rappeurs ont pour volonté d’être compris de tous, en particulier des jeunes, utilisant de préférence des termes familiers ou encore le verlan[16].

Le choix d’une poésie chantée va également dans ce sens et suit la tradition d’une poésie orale, plus attractive. Cette dernière s’est transmise jusqu’à nos jours avec le rap (et le slam) offrant un mélange entre performance et poésie.

Outre ces aspects formels, un autre point les relie dans leur quête d’un art « populaire » : la revendication. En effet, si l’aspect contestataire du rap n’est plus à démontrer, les troubadours n’hésitaient pas non plus à exprimer leur opinion sur l’actualité à travers les sirventès.

Les sirventès étaient des chansons satiriques politiques ou morales qui traitaient aussi bien des injustices que des malversations propres aux puissants. Ces compositions, parfois violentes dans leur expression, n’hésitaient pas à s’en prendre à la noblesse comme au clergé. Elles commentaient aussi parfois un fait d’actualité ou un événement.

Ainsi, de par leur forme et leur fond, les uns comme les autres se veulent avant tout proche du peuple.

Partimen, egotrip, tenso et battle

La culture de la joute verbale, si cher au rap, ne date vraiment pas d’hier en témoigne les partimens et tensos, bien plus proche des clashs et battles[17] qu’il n’y paraît.

Les partimen étaient un genre de débat chanté, se rapprochant des battles. L’un des troubadours donnait un sujet sur lequel débattre et les autres improvisaient en exprimant leur avis. Les règles formelles demandaient à ce que chaque couplet soit chanté sur une même mélodie, celle par laquelle le premier débute le jeu. Les battles mêlent également improvisation et débat lors de joutes verbales où se mêle également egotrip[18].

La tenso, quant à elle, est l’une des plus anciennes traditions des troubadours et consistait en un libre échange entre deux interlocuteurs sur un thème choisi au préalable. Cette pratique ressemble de manière frappante à nombres de morceaux de rap où deux rappeurs discutent d’un sujet et se renvoie la balle durant toute la durée du morceau.

Plus que le débat, c’est la recherche de performance qui est au centre de ses deux procédés et rapproche véritablement les rappeurs des troubadours. Partimen et tenso comme les battles demandent d’improviser avec, chez les rappeurs, une tendance supplémentaire à l’egotrip, tendance qui n’était pas étrangère à nos artistes médiévaux avec les préfaces, consistant principalement en une autojustification.

En effet, les préfaces étaient le plus souvent des justifications quant aux raisons qui devaient pousser un lecteur à lire son livre. Plus encore, tout l’enjeu consistait à démontrer sa supériorité par rapport aux autres, un enjeu qui rappelle de manière frappante les clashs entre rappeurs à coup de punchlines[19] .

Ci-dessous, la première édition des Rap contenders : battle entre les rappeurs Nekfeu et Logik Constantine.

  • Le slam

Si le rap semble plus proche des troubadours que le slam[20], celui-ci n’est pas en reste de similitudes, en témoigne d’ailleurs l’usage du surnom de « troubadours » pour nombre de slammeurs. L’expression d’une poésie orale en rime en fait l’un de ses descendants certains et ce, au même titre que le rap, puisque dans les trois cas, le principal reste la performance.

De plus, le slam est lui aussi contestataire et protestataire. Lors de soirées, plusieurs participants montent sur scène l’un après l’autre et expriment leurs sentiments, souvent de l’ordre de la colère ou de la tristesse. Il y a un acte de performance dans ces rencontres très important et plus profond que la simple déclamation de texte, la poésie est performance.

  • Quand la musique se fait identitaire : une culture occitane revendiquée

Les années 60 et 70’ marquent la réappropriation de la culture et langue occitane en liaison avec des revendications politiques. La chanson occitane engagée bat en effet son plein avec notamment Marti, Mans de Breich ou encore Joan Pau Verdier.

Après un creux d’une dizaine d’années, c’est dans les années 90’ que revient en force la chanson occitane, s’inspirant principalement du reggae et du rap. Toujours dans une perspective de clarté, nous allons à présent vous présenter deux groupes qui ont marqué cette renaissance identitaire de la chanson occitane.

Massilia Sound System

Marseille, pôle culturel de l’Occitanie, accueille à l’aube des années 90’ l’un des premiers groupes de reggae français : Massilia Sound System. Celui-ci, inspiré de l’exemple de Bob Marley qui avait choisi de chanter dans son patois, décide de s’exprimer en occitan. Cette appropriation du reggae va doncpasser par une revendication culturelle à travers l’usage de la langue d’oc.

Massilia Sound System comprend vite que troubadours et Jamaïcains possèdent la même tradition : celle de débattre en rime en parlant politique et actualité. Ce mélange va permettre de replacer au centre la culture occitane.

Parla patois – Massilia Sound System (1992) :

Fabulous Trobadors

Si Marseille devient la scène de nouvelles expériences musicales, Toulouse n’est pas en reste avec l’éclosion du groupe Fabulous Trobadors. S’inspirant du rap et de la musique Brésilienne (les trovadores, ce groupe est emmené par Claude Sicre, intéressé par le blues et qui a connu le renouveau de la chanson occitane des années 70’.

C’est par la volonté d’une musique traditionnelle participant au quotidien d’une population qu’il en vient à choisir la langue d’oc, qu’il considère comme un terreau fertile pour trouver son propre « blues ».

Son cheminement artistique va le conduire à s’inspirer  de la musique brésilienne et plus précisément des trovadores ou repentistas, dont tout l’art consiste à débattre en rime. Il leur empruntera d’ailleurs le « pandeiro », tambourin brésilien ainsi que leur flow et rythmique tout en l’adaptant à la sauce toulousaine. Cette mise en couleur d’une chanson occitane vise avant tout à la faire revivre non seulement par la chanson, mais aussi par l’Occitanie de manière générale.

L’accent des Fabulous Trobadors issu de l’album « On the linha imaginot »

Fabulous Trobadors – L’accent

En conclusion

Pour conclure, l’une des principales différences par rapport aux années 70’ est la notion d’exotisme qui se lie à la langue occitane. Des troubadours, ils se sont appropriés une culture en la mélangeant à d’autres et ce, afin de se démarquer et se forger une identité.

Plus qu’une simple démarcation, ce choix représente aussi le refus des codes de la société. L’occitan devient alors langue de contre-culture.

De la même manière que les troubadours, ils font le choix d’utiliser une autre langue que celle considérée comme officielle dans une réflexion identitaire basée sur cet héritage.

  • Une filiation qui s’étend au monde entier
    Les Trovadores

Dans les rues du Brésil, la tradition des joutes musicales (tensos) se perpétue avec les trovadores ou repentistas. A l’aide d’un tambourin, des musiciens, le plus souvent illettrés, débattent et improvisent en rime à partir d’un thème choisi par le public.

La tribu des Lo Lo

Au Vietnam, la tribu des Lo Lo utilisent encore aujourd’hui la joute musicale dans leur vie quotidienne. Les joutes amoureuses sont d’ailleurs très populaires comme lorsque deux prétendants chantent les qualités de deux autres jeunes filles qui leurs répondent. Ces chants sont codifiés : les participants utilisent ce que l’on appelle la technique de « tuilage », consistant en une superposition de voix : les chanteurs reprennent la phrase suivante avant que les chanteuses ne terminent la leur et ce, de manière à ce que chaque voix se chevauche.

Une parole afro-américaine

Le blues se mue dans les sixties en un mouvement de revendication avec notamment les Last poets qui chantent une musique empreinte de révolte contre l’injustice (et plus particulièrement les bavures policières envers la communauté noire). Ces chansons pleines de colère se veulent avant tout proche du peuple avec l’organisation d’ateliers d’écriture et de multiples improvisations dans les rues. Cette révolte par le chant va doucement conduire au rap, dont nous avons déjà explicité les caractéristiques plus haut.

Cécile Huge

[1] Exemple : Creuzé de Lesser, Les chevaliers de la table ronde, 1812.

[2] Anonyme, « Brigitte Buffart-Moret : Hugo et le renouveau de la chanson poétique », Groupe Hugo, URL : http://groupugo.div.jussieu.fr/groupugo/05-03-12Buffard-Moret.htm, mis en ligne le 12 mars 2005, consulté le 10 mai 2016.

[3] Victor Hugo utilise la troisième personne du singulier pour parler de lui-même dans ses préfaces.

[4] Hugo Victor, « préface de 1826 des Odes et Ballades », Oeuvres poétiques, Paris, Gallimard, 1964, t. 1, p. 279.

[5] Les ballades des troubadours, assez proches des rondeaux, possédaient deux formes fixes : la grande ballade et la petite ballade.

[6] Hugo Victor, Ode douzième, Odes et Ballades, dans Ouvres poétique, t. 1, p. 434.

[7] Anonyme, «Brigitte Buffart-Moret : Hugo et le renouveau de la chanson poétique », Groupe Hugo, URL : http://groupugo.div.jussieu.fr/groupugo/05-03-12Buffard-Moret.htm, mis en ligne le 12 mars 2005, consulté le 10 mai 2016.

[8] Anonyme, «Brigitte Buffart-Moret : Hugo et le renouveau de la chanson poétique », Groupe Hugo, URL : http://groupugo.div.jussieu.fr/groupugo/05-03-12Buffard-Moret.htm, mis en ligne le 12 mars 2005, consulté le 10 mai 2016.

[9] Frédéric Mistral, Théodore Aubanel, Joseph Roumanille, Jean Brunet, Paul Géria, Mathieu Anselme et Alphonse Tavan.

[10] Bernard de Ventadour, Chanson de l’Alouette.

[11] Toujours selon l’histoire de Mirèio.

[12] Auteur et historien provençal du 16ème siècle.

[13] De Caluwé Jacques, « Troubadours et amour courtois dans Mirèio de Frédéric Mistral »,  Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, vol. 81, N°93 (1969), p. 276.

[14] Boutière, Jean « Influence des troubadours sur la versification de la lyrique de Mistral », Actes et mémoires du IIème Congrès international de langue et littérature du Midi de la France, Aix, 1958, p. 321.

[15] De Caluwé Jacques, « La richesse des formes strophiques dans la poésie lyrique de Frédéric Mistral », Revue belge de philologie et d’histoire, vol. 47, fasc. 31(1969), pp. 873-884.

[16] Consiste à inverser les syllabes d’un mot.

[17] Joutes verbales opposant deux rappeurs.

[18] Style de rap où le rappeur se vante et tente de démontrer sa supériorité par rapport aux autres rappeurs.

[19] Phrase-choc

[20] Le slam est un mélange entre le spoken word (poésie déclamée en public) et rap.  Les paroles s’affranchissent (encore plus) de tout instrumental.

Bibliographie XIXème siècle

  • Anglade Joseph, Les troubadours, leurs vies, leurs œuvres, leur influence, 3ème édition, Paris, Librairie Armand Colin, 1922.
  • Anonyme, « Brigitte Buffart-Moret : Hugo et le renouveau de la chanson poétique », Groupe Hugo, URL : http://groupugo.div.jussieu.fr/groupugo/05-03-12Buffard-Moret.htm, mis en ligne le 12 mars 2005, consulté le 10 mai 2016.
  • Anonyme, « Commentaire –L’Aveu du Châtelain – Victor Hugo », La dissertation, URL : https://www.ladissertation.com/Biographies/Victor-Hugo/Commentaire-L’aveu-Du-Ch%C3%A2telain-Victor-HUGO-90343.html, mis en ligne le 08 mai 2013, consulté le 10 mai 2016.
  • Anonyme, « Frédéric Mistral (1830-1914) – Biographie », Histoire pour tous, URL : http://www.histoire-pour-tous.fr/biographies/4818-frederic-mistral-1830-1914-biographie.html, mis en ligne le 25 mars 2014, consulté le 20 mai 2016.
  • Anonyme, « Frédéric Mistral, poète provençal, fondateur du Félibrige, 1830-1914 », fr, URL: http://www.notreprovence.fr/ecrivain_mistral-frederic.php, consulté le 20 mai 2016.
  • Anonyme, « Le Félibrige, association littéraire provençale », fr, URL: http://www.notreprovence.fr/mouvement_felibrige_histoire.php, consulté le 20 mai 2016.
  • Anonyme, « Trouvères et troubadours : la musique au Moyen Age », Histoire pour tous, URL : http://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/95-moyen-age/3020-trouveres-et-troubadours-la-musique-au-moyen-age.html, mis en ligne le 22 juillet 2010, consulté le 10 mai 2016.
  • Bernard-Griffiths Simone, Glaudes Pierre, Vibert Bertrand (éd.),  La Fabrique du Moyen Âge au XIXe siècle. Représentations du Moyen Âge dans la culture et la littérature françaises du XIXe siècle, Éditions Champion, Paris, coll. Romantisme et Modernités (94), 2006, 1182 p.
  • Boutière Jean, « Influence des troubadours sur la versification de la lyrique de Mistral », Actes et mémoires du IIème Congrès international de langue et littérature du Midi de la France, Aix, 1958, pp. 311-322.
  • Cadart-Ricard Odette, « Le thème de l’oiseau dans les comparaisons et les dictons chez onze troubadours, de Guillaume IX à Cerveri de Girone », Cahiers de civilisation médiévale, vol. 21, n°83 (1978), pp. 205-230.
  • De Caluwé Jacques, « Troubadours et amour courtois dans Mirèio de Frédéric Mistral », Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, vol. 81, N°93 (1969), pp. 263-278.
  • De Caluwé Jacques, « La richesse des formes strophiques dans la poésie lyrique de Frédéric Mistral », Revue belge de philologie et d’histoire, vol. 47, fasc. 3, 1969, pp. 873-884.
  • De Nostradame Jehan, Vies des plus célèbres et anciens poètes provenseaux, qui ont floury du temps des Comptes de Provence, nouvelle édition, Paris, Librairie Champion, 1913.
  • Missud-Juramie Jocelyne, « Une bibliothèque oubliée : le genre troubadour », Babel, n°6 (2002), URL : http://babel.revues.org/1957, mis en ligne le 12 novembre 2012, consulté le 31 mai 2016.
  • Mistral Frédéric, Mirèio, Petit M., Raphèle-lès-Arles, 1980, consulté le 20 mai 2016 en version numérisée sur Gallica, URL : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7490v.

Bibliographie XXème et XXIème siècles

 

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